Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Fleurs de mai

     

    Il est bien temps de les montrer ; elles parsèment de couleurs les talus qui bordent mes pérégrinations cyclistes , pédaler dans les senteurs du printemps et les couleurs de mai est un plaisir dont je ne me lasse pas.

    Jusqu'à la mi mai ces fleurs embellissent les bords de route et les landes et les dunes ; la chaleur venue , certaines commencent à passer et je vois à présent que d'autres espèces s'installent peu à peu .

    Alors pendant qu'il est encore temps....

    500.jpg

    glaucium (papavéracée)

    glaussium - détail - 499.jpg

    le nez dessus...

    fleurs de talus - 495.jpg

    il y a des noms qui m'échappent

    505 détail.jpg

    mais pas les détails ...

    fleurs de talus - 501.jpg

    fleurs de talus - grande mauve -  497.jpg

    la grande mauve

    ciste de Montpellier - 534.jpg

    un bouquet de ciste de Montpellier

    fleurs de talus - 498.jpg

    une touffe d'Hélichrysum

    hélichrysum - détail - 498.jpg

    valériane - 536.jpg

    la valériane qui colore aussi les talus de l'autoroute

     

    535.jpg

    et sans oublier la plus modeste :

    pissenlit - 507.jpg

    pour finir avec la "dame de onze  heure" - l'ornithogale

    ornithogale - dame de onze heures - 532.jpg

    et en prime , pour me faire pardonner mon ignorance botanique , la dame de Louis Janmot (1814-1892), un peintre méconnu de nos jours, de l'école lyonnaise, influencé par Ingres, qui nous a laissé cette oeuvre  énigmatique dont on ne sait si elle représente sa seconde et jeune épouse ou une allégorie que le sourire mélancolique de l'héroïne met peu en accord avec la magie du printemps :

    Janmot Louis (1814-1892) - Fleurs des champs.jpg

    Louis Janmot - "Fleurs des champs"  (1845) - musée des Beaux Arts de Lyon

    De lui, je vous parlerai une autre fois.

    nicéphore - botaniste calamiteux

  • De passage

    Sur la cheminée de mon voisin , le temps d'une photo , ce faucon crécerelle mâle a bien voulu poser ; pas de mystère, il venait des landes voisines et visait à coup sûr une des nombreuses tourterelles turques qui encombrent le quartier de leurs roucoulements incessants .

    faucon crécerelle mâle.jpg


    Bon, je n'ai rien dit, j'aime tous les oiseaux , évidemment et un monde sans leurs chants serait bien triste , déjà que nous en entendons de moins en moins ; même la population de moineaux diminue. En ce moment , les rossignols sont rois ; tous les trois grands arbres , ils rivalisent de leur concerto.

    Et ce matin, bonheur , j'ai pu voir tout près un guêpier , splendide symphonie de couleurs en vol :

    guepier.d.europe..jpg


  • Caravelles

    ......................
    "Où, penchés à l'avant de blanches caravelles,
    Ils regardaient monter en un ciel ignoré
    Du fond de l'Océan des étoiles nouvelles."

    D'un seul coup ces vers de José Maria de Hérédia ont surgi en ma mémoire , quand , levant le nez en l'air, dans la ville - je ne dirai pas laquelle - ce coin d'un vieil hôtel particulier s'est offert à ma vue :

    Gargouille - Hôtel de ville P1020259 détail.jpg


    Les conquérants


    Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
    Fatigués de porter leurs misères hautaines,
    De Palos de Moguer, routiers et capitaines
    Partaient, ivres d'un rêve héroique et brutal.

    Ils allaient conquérir le fabuleux métal
    Que Cipango murit dans ses mines lointaines,
    Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
    Aux bords mystérieux du monde occidental.

    Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
    L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques
    Enchantait leur sommeil d'un mirage doré;

    Où, penchés à l'avant de blanches caravelles,
    Ils regardaient monter en un ciel ignoré
    Du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.

    José-Maria de Hérédia (1842-1905)

    Voici un poème appris à l'école primaire, je devais être en CM2 et ces vers , tant d'années après , me font rêver comme la première fois, comme avec Jean de la Ville de Mirmont que j'ai découvert beaucoup plus tard :
    "Car j'ai de grands départs inassouvis en moi ".


    "Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte ;
    Le dernier de vous tous est parti sur la mer.
    Le couchant emporta tant de voiles ouvertes
    Que ce port et mon coeur sont à jamais déserts.

    La mer vous a rendus à votre destinée,
    Au-delà du rivage où s'arrêtent nos pas.
    Nous ne pouvions garder vos âmes enchaînées ;
    Il vous faut des lointains que je ne connais pas.

    Je suis de ceux dont les désirs sont sur la terre.
    Le souffle qui vous grise emplit mon coeur d'effroi,
    Mais votre appel, au fond des soirs, me désespère,
    Car j'ai de grands départs inassouvis en moi."

    l’Horizon chimérique/V

    Jean de La Ville de Mirmont est mort à 27 ans , tué au front le 28 novembre 1914.

    Lorsqu'il fut mobilisé en 1914, Jean de La Ville de Mirmont laissa sur son bureau ces quelques vers:


    "Cette fois, mon coeur, c'est le grand voyage;
    Nous ne savons pas quand nous reviendrons.
    Serons-nous plus fiers, plus fous ou plus sages?
    Qu'importe, mon coeur, puisque nous partons!
    Avant de partir, mets dans ton bagage
    Les plus beaux désirs que nous offrirons.
    Ne regrette rien, car d'autres visages
    Et d'autres amours nous consoleront.
    Cette fois, mon coeur, c'est le grand voyage."

    Les poètes sont de sublimes et  tragiques visionnaires.

    Lever le nez au ciel ...et partir en voyage....


    nicéphore poète