Seguin bis et fin

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Que de qualités ne prête - t on pas à ceux qui disparaissent; les voici parés de toutes les vertus et leurs ennemis d'hier qui les daubaient et pas toujours par devant, y aller de leur couplet; le disparu se voit couvert de louanges et pas à la brosse , non, à la truelle !
C'est un peu à cela que me fait penser ce concert d'éloges venant de tout bords pour saluer Philippe Seguin qui vient de décéder; à les lire, il n'avait que des admirateurs , voire des amis (de trente ans ?) quand, de son vivant, homme politique incommode, il n'a pas manqué d'être attaqué voire vilipendé .
Depuis sa nomination de président de la Cour des Comptes, institution à laquelle il a rendu son autorité et dont il a modernisé les méthodes de travail (c'était pas du luxe), il n'a cessé de fustiger les mauvaises pratiques des administrations, de mettre en garde les gouvernements sur les dangers des déficits publics, autant d'occasions de se faire des amis et certains qui vantent aujourd'hui son sens élevé de la République et de l'intérêt général sont les mêmes qui ont laissé lettre morte les recommandations des rapports de la Cour des Comptes .


Au milieu de tous ces éloges, pas toujours sincères , il est difficile de se faire une idée fidèle de cette personnalité riche et forte qui aura marqué trente ans de la vie politique en France et de l'histoire du gaullisme ; je retiendrai la formule qui revient le plus souvent ça et là : " l'Etat a perdu un grand serviteur".
...et le football, un ardent défenseur .

dessin de Dubouillon