L'avoir douce
La pédale bien sûr ! faut pas croire que l'amnistie vous guette :

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.
La pédale bien sûr ! faut pas croire que l'amnistie vous guette :

J'aime beaucoup le doux sourire de Peire Godolin, à Toulouse, place Wilson; par tous les temps, il reste imperturbable, serein, paisible au milieu de cette ville nerveuse et vive:

sous la neige aussi :

bien vu...des photographes :

et aussi des pigeons :

de tous les pigeons de la ville :

son sourire résiste à tous les temps :

Pierre Goudouli, Peire Godolin en occitan, était un poète occitan né à Toulouse en 1580 et mort en 1649;
son oeuvre la plus connue est le Ramelet Moundi - le Bouquet toulousain - recueil de stances et d'odes écrites en occitan, de sonnets et de quatrains , de genres très divers .
Hélas, je n'ai pas réussi à en trouver ni en occitan, ni en français...à votre bon coeur, belles lectrices qui ne manquez pas d'admirer les odes de ce "troubadour".
On dit même qu'il eut l'honneur de réciter ses poèmes au jeune Molière de passage à Toulouse ...
C'est en tout cas ce que nous montre Debat -Ponsan dans cette fresque qui orne un des panneaux de la salle du conseil municipal de Toulouse, au Capitole :

Edouard Debat -Ponsan a orné plusieurs panneaux et plafond au Capitole; ne manquez pas de vous attarder dans la salle des Illustres - la galerie des glaces de l'hôtel de ville de la ville rose , amis de passage et vous aussi, amis toulousains qui n'avez peut être pas reconnu, au centre de la salle des Illustres , la patte de Debat-ponsan dans cette fresque :
Le couronnement de Toulouse - 1894 -




Républicain engagé, Edouard Debat-Ponsan prend parti pour Dreyfus en 1898; il offre alors cette toile à Emile Zola, tableau manifeste des défenseurs d'Alfred Dreyfus, position qui lui fera perdre, dit on, une grande partie de sa clientèle .
Pour la petite histoire, ce peintre emblématique de la IIième république, bourgeois installé dans son milieu, aimait peindre les scènes de la vie rurale et provinciale; sa fille Jeanne Debat-Ponsan devait épouser le professeur Robert Debré; il fut donc le grand père de Michel Debré.
Il faudrait que j'en reparle une autre fois, j'aime assez son oeuvre.
Pour les curieux, un livre (que je n'ai pas lu mais peut être que pour la st nicéphore ...) :

Au hasard de mes lectures , ce n'est pas une histoire belge mais un poème que je vous propose ce soir, d'un poète belge , un peu oublié aujpurd'hui, à tort, sans doute:
Regarde au fond de nous : nous sommes l'Emeraude
Regarde au fond de nous : nous sommes l'Emeraude
Eternelle, et feuillue, et qui semble une mer,
Où rôdent des parfums à travers la nuit chaude,
Où circule le flot des grands anges de l'air.
Nous sommes la forêt énorme et murmurante,
Pleine d'ombre éblouie et de sombre splendeur,
Qui respire et qui vit, où mille oiseaux d'or chantent,
Et dont la cime éclate en écumes de fleurs.
Depuis le premier souffle et l'aurore première,
D'un effort inlassable et d'un désir sans fin,
Ensemble, nous montons des antres de la terre,
Vers ce but merveilleux que toi seule as atteint.
Ensemble, nous sa voix, nous son âme profonde,
Dans ce feuillage immense, à jamais reverdi,
Nous avons abrité tous les rêves du monde,
Et c'est dans le soleil que nous avons grandi.
Charles Van Lerberghe (1861-1907)
( La chanson d'Eve )

On le voit mais de dos (!!) sur le tableau de Théo Van Rysselberghe , autre Belge et aussi de grand talent:

Au croisement d'un vieux chemin et d'une petite route cette simple croix, très ancienne, sans doute du 14ème -15 ème siècle avec cette représentation naïve du Christ.
Signe de la dévotion des populations au Moyen Age dans les campagnes.

La Haute Loire - anciennement le Velay - compte plus de 4000 croix sur ses chemins, croix monumentales, on les trouve au carrefour des chemins, dans les cimetières , au coeur des villages ou d'un hameau, dans une vieille ferme, autant de signes tangibles d'un attachement profond des Hommes à leur terre et témoignages émouvants de leur dévotion religieuse.
Parmi les plus anciennes, rares sont celles en fer forgées, la plupart sont en pierre ,dans un style qui va de l'art maîtrisé d'un sculpteur, produit d'un atelier, aux formes frustes, parfois à peine ébauchées quand la communauté ne pouvait mieux que confier l'ouvrage à l'artisan du village .

On les rencontre partout sur les hauts plateaux du Velay, à pied, à cheval et même en voiture, il suffit de sillonner ce magnifique département; en voici quelques unes rencontrées au hasard de mes périgrinations pédestres, le nez au vent ou de mes sorties halieutiques ( à la pêche ne pas oublier sa canne, les appâts et l'appareil photo évidemment ) :





A ceux qui s'intéressent au sujet , je recommande l'étude d'un érudit local, ré-éditée en 2001 et que l'on trouve en rayon dans toutes les librairies du Puy en Velay; c'est l'occasion de visiter cette bonne ville voire de prendre le chemin de St Jacques de Compostelle puisque c'est de la cathédrale que partait au Moyen Age le plus important chemin du pélerinage .

photos du billet : nicéphore
La détresse et le bonheur dans la même scène mais à deux moments différents , l'une pendant la guerre d'Espagne en 1936 par Chim ( David Seymour ) et l'autre, par Jean Dieuzaide en 1953 .
La détresse et la crainte (du lendemain ? d'une attaque aérienne ? ) de la mère qui allaite son bébé du peu de lait que sa maigreur peut lui donner :

David Seymour - Estremadure - 1936
et l'autre - une gitane, à la maternité radieuse , le sein gonflé que son enfant tête goulûment sous le regard amusé de sa grande soeur

Salvador Dali
..................................................................
"C'est pour ne pas laisser ces yeux les nôtres vides entre nous
Qu'elle tend ses bras nus
La fille sans bijoux la fille à la peau nue
II faudrait bien par-ci par-là des rochers des vagues
Des femmes pour nous distraire pour nous habiller
Ou des cerises d'émeraude dans le lait de la rosée.
Tant d'aubes brèves dans les mains
Tant de gestes maniaques pour dissiper l'insomnie
Sous la rebondissante nuit du linge
Face à l'escalier dont chaque marche est le plateau d'une balance
Face aux oiseaux dressés contre les torrents
L'étoile lourde du beau temps s'ouvre les veines."
Paul Eluard - 1932 - in " La Vie immédiate "

Gala, la compagne puis l'épouse de Salvador Dali, était avant leur rencontre en 1929 , la femme de Paul Eluard, l'auteur du poème cité (partiellement) ci dessus; dès 1929, elle ne quitta plus Dali et l'épousa en 1932 après son divorce avec Eluard.
Gala , étude , 1945 :

Une usine en ruine, abandonnée, ce qu'on appelle une friche industrielle; il y pousse souvent de très belles fleurs :








Encore, me direz vous !
Dans le dernier billet sur le baiser , j'avais cité parmi mes deux images préférées celle d'Alfred Eisenstaedt prise ne 1945 à Times square montrant un marin embrassanr une jeune femme le jour où fut annoncé la victoire des Alliés..
Je viens de trouver quelque part sur le web un commentaire expliquant les circonstances de l'image; c'est amusant et en anglais mais facile à traduire ; je vous le livre...sous la photo :

"On August 14, 1945, the news of Japan’s surrender was announced in the United States, signaling the end of World War II. Riotous celebrations erupted in the streets, but perhaps none were more relieved than those in uniform. Although many of them had recently returned from victory in
Europe, they faced the prospect of having to ship out yet again, this time to the bloody Pacific.
Among the overjoyed masses gathered in Times Square that day was one of the most talented photojournalists of the 20th century, a German immigrant named Alfred Eisenstaedt. While snapping pictures of the celebration, he spotted a sailor "running along the street grabbing any and every girl in sight." He later explained that, "whether she was a grandmother, stout, thin, old, didn’t make any difference."
Of course, a photo of the sailor planting a wet one on a senior citizen wouldn’t have made the cover of Life, but when he locked lips with an attractive nurse, the image was circulated in newspapers across the country. Needless to say, "V-J Day" didn’t capture a highly anticipated embrace by long-lost lovers, but it also wasn’t staged, as many critics have claimed. In any case, the image remains an enduring symbol of America’s exuberance at the end of a long struggle."
Sur le linteau d'une porte ancienne, dans la rue qui monte à la cathédrale du Puy en Velay une tête, tête d'ange, de jeune homme ? peu importe.





Ramon Masats, né en 1931, est un des plus grands photographes espagnols de l'après guerre; son oeuvre est marquée par la rupture avec la photographie traditionnelle; il a laissé, en particulier, une chronique très intéressante de l'Espagne des années 50-60 par des images qui croquent sur le vif des scènes simples de la vie quotidienne .
Par exemple :



Il faut en terminer ! je vous avais promis de vous montrer mes images préférées du baiser...
Voici, sur le thème du baiser, deux photos que j'aime particulièrement, la première au moins est célèbre, elle date de la Libération et a été prise dans un de ces moments d'euphorie bien naturelle, par Eisenstaedt à Time Square à Londres en 1945, elle fut publiée dans Life; il ne semble pas qu'elle ait été "montée" mais qu'il l'a bien saisie sur le vif ; il faut avoir l'oeil, si j'ose dire et du réflexe; je l'aime pour sa symbolique de joie et de délivrance même si on n'est pas certain que l'embrassée ait donné son consentement à l'embrasseur ; qu'importe, elle est entrée dans l'histoire et on ne saura jamais son prénom :



Le sujet est loin d'être épuisé, les photographes non plus et on en fera pas le tour mais comment se donne un baiser ?
Zoé Valdès nous l'explique délicieusement dans " la douleur du dollar" :

..."le baiser commença très maniéré, avec le petit jeu de se faire passer le glaçon d'une langue à l'aurtre; quand celui ci fut dessous, leurs langues s'entremêlèrent comme deux serpents, et l'ingénuitédevint pornographique.Il mordilla les lèvres de Cuquita jusqu'à les faire gonfler, elle lui rendit la pareille mais encore inhibée de timidité, peut être.Leur baiser dura trois longs boléros, l'un de quatre minutes, le secondde trois minutes vingt secondes et le troisième, de quatre minutes virgule trente trois secondes. Au total onze minutesvirgule cinquante trois secondes de suçotages et de coups de langues."
Voilà, vous savez tout mais rien ne vous empêche d'y apporter des variantes personnelles ; naturellement, vous aurez pris soin, comme chaque année par les frimas cruels qui nous viennent du septentrion, d'enduire vos lèvres et celles de l'être aimé(e) de la pommade qui évite les gerçures .
Au fond, le baiser est avant tout sensuel, qu'il soit de marbre ou en noir et blanc; ainsi :
un baiser qui ne laisse pas de marbre ? Canova :

ou de bronze ? Rodin :






Pourquoi des baisers très parisiens dans ce billet ?
De nombreux photographes ont croqué des scènes à Paris et pas seulement Doisneau avec son célèbrissime " baiser de l'hôtel de ville" dont la chronique s'est récemment fait l'écho quand plusieurs prétendus modèles ont soudainement fait valoir leur "droit à l'image" avec autant d'appétit que l'héroïne de la photo semblait en montrer dans son élan :
Robert Doisneau :








J'avais promis cet été de parler du baiser; en fait, de l'illustrer par quelques images célèbres ou moins connues en me limitant à ceux que se donnent, chastement ou pas des adultes, le propos n'étant pas le tendre baiser maternel dans l'acception filiale du terme .
Qu'est ce qu'un baiser ?
C'est ça :

On ne le dira jamais mieux !
Par l'image, les genres sont divers, chez le même auteur parfois, on rencontre
le baiser "quartier latin" - Cartier -Bresson :

le baiser "qui a fait ses preuves" - Cartier - Bresson :

le baiser du soir à harlem -Zimbel - 1951 :

le baiser de la mariée - Elliot Erwitt - 1955 :




et même le baiser cycliste :

La variété des baisers est infinie et encore, je m'en tiens à la photographie, j'exclus le cinéma - pourtant que de baisers célèbres - et les arts plastiques où Rodin, Canova auraient une place de choix , évidemment .
Dans le prochain billet, je vous proposerai quelques baisers très parisiens, certains plus champêtres ou insolites . Patience !
L'actualité, triste d'aujourd'hui impose un ton plus grave qu'à l'habitude; la disparition de l'abbé Pierre attriste tous les Français qui ont pour lui, depuis des années, un respect teinté de beaucoup d'affection.
La presse en fera la une de tous les journaux demain , aussi je m'en tiendrai là, préférant, pour saluer sa mémoire, faire un parallèle avec une figure bien connue encore , celle du père Vincent, Saint Vincent de Paul, grand défenseur en son temps des pauvres et des miséreux comme l'abbé Pierre trois siècles et demi plus tard.

St Vincent de Paul est né à Pouy dans les Landes en 1581 dans une famille modeste; ordonné prêtre en 1660, il exerce son ministère puis devint aumônier à la cour de la reine Margot , précepteur des enfants du prince de Gondi.
Curé de Chatillon les Dombes, dans l'Ain (aujourd'hui Chatillon sur Chalaronne) en 1617, avec Louise de Marillac et les dames aisées de la ville, il fonda la compagnie de Dames de la Charité pour secourir les malades sans ressources, et instruire gratuitement les jeunes filles.
Aumônier général des galères en 1619, il poursuivit son oeuvre de charité et de secours aux miséreux jusqu'à sa mort en 1660; on lui doit , entre autres la fondation à Paris d'un hospice pour vieillards qui devint plus tard l'hôpital de la Salpétrière.
Son oeuvre est perpétuée par la société de Saint Vincent de Paul, fondée en 1833 par Frédéric Ozanam et présente dans de nombreux pays .
Comme pour l'abbé Pierre, le cinéma s'est emparé de cette haute figure avec le film de Maurice Cloche , tourné en 1947 : monsieur Vincent, magistralement interprété par Pierre Fresnay:

L'abbé Pierre a fait l'objet d'un film en 1989 de Denis Amar où Lambert Wilson jouait son rôle avec talent aux côtés de Claudia Cardinale et de Robert Hirsch :
