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Blanc , noir ...


ou plutôt

"Tel qu'en lui même enfin l'éternité le change..."

jackson.jpg

dessin de Killoffer

Un dessin un peu sévère pour évoquer la disparition de ce génie de la pop musique , pas tellement mon pré habituel mais quel talent et quelle vie , gâchée, brisée alors qu'elle était parée de tellement de dons .

"Tel qu'en lui même enfin l'éternité le change..."

A lui  ces mots du poète, plus qu'à aucun autre:

Le tombeau d'Edgar Poé

Tel qu'en Lui-même enfin l'éternité le change,
Le Poète suscite avec un glaive nu
Son siècle épouvanté de n'avoir pas connu
Que la mort triomphait dans cette voix étrange !

Eux, comme un vil sursaut d'hydre oyant jadis l'ange
Donner un sens plus pur aux mots de la tribu,
Proclamèrent très haut le sortilège bu
Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange.

Du sol et de la nue hostiles, ô grief !
Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief
Dont la tombe de Poe éblouissante s'orne

Calme bloc ici-bas chu d'un désastre obscur
Que ce granit du moins montre à jamais sa borne
Aux noirs vols du Blasphème épars dans le futur.

Stéphane Mallarmé (1842-1898)

Mallarmé a écrit ce poème à la demande d'une américaine, Sarah Rice qui souhaitait accompagner  l'érection d'un monument en l'honneur du poète, à Baltimore par un recueil d'hommages.

Publié en 1877, ce sonnet dont l'hermétisme est évidemment très mallarméen doit être compris dans son double sens de monument funéraire et d'éloge .

Le premier vers est célèbre ( ah, le plaisir que je pris à faire son commentaire pour mon prof d'allemand en seconde lors de la mort de Jean Cocteau !) on peut le comprendre comme l'idée que la mort fige la pensée et l'expression du poète mais en même temps les révèle ou, plus simplement qu'un être ne prend sa véritable dimension qu'après sa disparition quand , devenu poussière d'étoile, il entre enfin dans l'éternité .

Rien de mallarméen dans le destin de Michael Jackson et pourtant.. son génie qui a bouleversé plusieurs générations sera, malgré les outrances de sa vie détruite, enfin montré "tel qu'en lui même ".

et quel hommage que celui d'Annie Leibowitz dans cette image fabuleuse d'un artiste immuable dans sa splendeur ...

 

Leibowitz Annie - jackson 1989.jpg
Photo d'Annie Leibowitz (1989) pour Paris Match (n°3137-29 juin 2009)

So long, bad  boy !

 

 

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