La ville
Ma ville, le soir...
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Ma ville, le soir...
Dans une barque d'Orient
S'en revenaient trois jeunes filles ;
Trois jeunes filles d'Orient
S'en revenaient en barque d'or.

Une qui était noire
Et qui tenait le gouvernail,
Sur ses lèvres, aux roses essences,
Nous rapportait d'étranges histoires
Dans le silence.
Une qui était brune
Et qui tenait la voile en main,
Et dont les pieds étaient ailés,
Nous rapportait des gestes d'ange,
En son immobilité.

Mais une qui était blonde,
Qui dormait à l'avant,
Dont les cheveux tombaient dans l'onde
Comme du soleil levant,
Nous rapportait sous ses paupières,
La lumière.
La barque d'or -Charles Van Lerberghe (1861-1907)

une mouette est passée par là...

là, c'est moi

et là, c'est un mal élevé

Petite fleur bleue entre le béton et le bitume , coincée contre mon portail .
Le printemps pointe son nez dans cette grande ville...

C'est une pervenche
Le mot pervenche vient de la formule latine "vinca pervinca", une formule "magique" crée à partir de "vincere" (vaincre) car la pervenche aurait des vertus médicinales permettant de vaincre de nombreux maux. Une autre hypothèse fait venir le nom pervenche de "vincire", lier, attacher, car cette plante dont les horticulteurs font des bordures s'étend comme une corde.(source Wikipedia).
Pâle fleur, timide pervenche
Je sais la place où tu fleuris,
Au pied des monts, ton front se penche
Pour mieux charmer nos yeux épris !
C'est dans un sentier qui se cache
Sous ses deux bords de noisetiers
Où pleut, sur l'ombre qu'elle tache
La neige des blancs églantiers
Une source tout près palpite
Où s'abreuve le merle noir ;
Il y chante et moi je médite
Souvent de l'aube jusqu'au soir.
O fleur ! que tu en dis des choses
A mon amour, quand je reviens,
Quand tu me parles à lèvres closes,
Et que mon coeur écoute le tien...
Alphonse de LAMARTINE
Une lampe , posée là...

C'est la bonne heure où la lampe s'allume :
Tout est si calme et consolant, ce soir,
Et le silence est tel, que l'on entendrait choir
Des plumes.
C'est la bonne heure où, doucement,
S'en vient la bien-aimée,
Comme la brise ou la fumée,
Tout doucement, tout lentement.
Elle ne dit rien d'abord - et je l'écoute ;
Et son âme, que j'entends toute,
Je la surprends luire et jaillir
Et je la baise sur ses yeux.
C'est la bonne heure où la lampe s'allume,
Où les aveux
De s'être aimés le jour durant,
Du fond du coeur profond mais transparent,
S'exhument.
Et l'on se dit les simples choses :
Le fruit qu'on a cueilli dans le jardin ;
La fleur qui s'est ouverte,
D'entre les mousses vertes ;
Et la pensée éclose en des émois soudains,
Au souvenir d'un mot de tendresse fanée
Surpris au fond d'un vieux tiroir,
Sur un billet de l'autre année.
Emile Verhaeren (1855-1916)

peut être pas pour toutes ?

encore que....

et pourtant :

Lucas Cranach l'Ancien (1472-1553) "Allégorie de la justice"
La femme , support éternel d'un érotisme affiché ou, comme dans ce chef d'oeuvre, subtilement dissimilé sous les symböles.
mais aussi la dignité dans la détresse de cette émigrante
pendant la crise de 1936 aux Etats -Unis

Dorotea Lange - 1936
D'où vient ce masque ? Aztèque, Maya ,Bali... ?
Cherchez pas, il vient de chez ma soeur qui les collectionne.
La Marianne d'hier est dans une vitrine située sur les remparts de la petite bourgade ariègeoise de Carla Bayle.

Cette petite ville, dans le piémont pyrénéen, à 30 km de Toulouse, est surtout connue comme la ville natale de Pierre Bayle, philosophe protestant du siècle des Lumières (1647-1706) dont j'ai déjà, dans un lointain billet, tracé le portrait.

Enseignant la philosophie, en France d'abord puis à Rotterdam, il s'insurge contre la révocation de l'édit de Nantes (1685) et combat l'intolérance de Louis XIV, en 1690, il publie l'Avis important aux réfugiés prônant la liberté de religion et la tolérance.
En 1697 il publie en Hollande son le Dictionnaire historique et critique, œuvre majeure qui préfigure l'Encyclopédie.
Le principal enseignement de Bayle est que le monde ne se réduit jamais à une vision manichéenne et suppose le croisement permanent des points de vue et des opinions contradictoires.
En quelque sorte , ce sceptique convaincu a ouvert la voie à Voltaire .
A moi aussi, d'ailleurs puisque le sujet de français du premier bac (y'en avait deux, de mon temps) était tout simplement "Bayle et Fontenelle".
J'avais cartonné et je lui dois une mention vu le coefficient de l'épreuve ( j"avais eu aussi une très grosse note en gym - 2 de coeff à l'époque !...).
Merci Pierre Bayle!
Carla le Comte , devenu Carla Bayle en 1879, est situé dans un des endroits les plus plaisants du piémont pyrénéen; le village, bien restauré, mérite la visite, en particulier la maison natale de Pierre Bayle, transformée en musée de son oeuvre et du protestantisme au 17ème et 18ème siècle .
Les beaux paysages qui l'entourent méritent le détour; un jour par exemple où le Stade Toulousain ne joue pas à domicile, au lieu d'aller dans le collines du Lauragais, pensez à "bader" à pied ou en voiture autour de Carla Bayle :

Vous en reviendrez enchantés et vous direz quoi ?
Merci Nicéphore !
L'hommage à Annie Girardot est unanime , chacun y est allé de sa larme et au Père Lachaise , la profession se bousculait.
Je pourrais parodier Coluche et dire "je me marre.." si ce n'était pas triste et de voir disparaitre une actrice de talent, diminuée sur la fin de sa vie et cette bande d'hypocrites qui l'a oubliée pendant 20 ans au moins, pas un bon rôle , pas un César enfin si, tardivement, un pour le melleur second rôle, une aumône , quoi !
Rappelez vous cette apparition poignante aux Césars des faux culs il y a quelques années où, chancelante et tordue d'émotion , elle était venue dire " vous m'avez tellement manqué " ou quelque chose d'approchant.
Je n'aimais pas cette actrice plus que ça car je n'aimais pas son jeu ni les rôles qui lui ont été confiés au zénith de sa carrière mais j'appréciais sa personnalité , tout du moins celle que les acteurs font apparaître au public.
Mais je l'avais adoré dans un de ses premiers films , jamais rediffusé à ma connaissance , un film de Marcel Carné - Trois chambres à Manhattan - 1965 - d'après le roman de Simenon, Simenon qui en fut d'ailleurs le co-scénariste .

Elle y éclatait de talent, de spontanéité et de justesse dans sa beauté de femme amoreuse d'un Maurice Ronet séduisant, autre grand acteur , un peu oublié aussi et que je n'ai jamais aimé tout en lui reconnaissant un talent remarquable .
Et dans "Rocco et ses frères " de Visconti (1960) où elle est magnifique, qu'attend-on pour le re-passer sur les lucarnes ?

Il y a longtemps que je ne regarde plus les Césars, les lauréats qui se perdent en discours crétins , des jurés qui attendent qu'il ait 80 ans pour reconnaître un immense acteur comme Michael Lonsdale par exemple , bref, c'est pas mieux que les Oscars qui n'ont donné un oscar à John Wayne qu'à la fin de sa carrière (oui, oui, pour moi, il reste un immense acteur).
Mais je m'égare; Annie Giradot méritait mieux que le traitement qui lui a été réservé pendant toutes ces années alors même qu'elle n'a jamais cessé d'être une des actrices préférées des Français.
On comprend mieux le coup de colère de Brigitte Bardot ; vous le lirez ici

dans "Rocco et ses frères"
Marianne dans le soir
Reflets d'automne
Quelque part

Je vous dirai où c'est, demain...

Le coq est l'emblème des cinémas Pathé ; il trône au sommet du beffroi du multiplexe Pathé , 79 rue de la Ré (publique) à Lyon au sommet d'un imeuble art déco des années 30 conçu par l'architecte Chirée .

Pour la petite histoire , Charles Pathé fut le premier à faire confiance aux deux Lyonnais , créateurs du cinéma, Auguste et Louis Lumière et développa le premier l'industrie de l'image .On sait moins qu'il était fils d'un charcutier - Pathé - et qu'il épousa une demoiselle Foy...
Mais quelle importance me direz vous ?
Dimanche matin, quai des Arts , dans ma ville .
A vendre .

Sortie en mer
Une voile, seule
D'où revient elle ?
Qui emmène t -elle ?
Je ne le saurai jamais

Enfin, elle va pouvoir partir en vacances où elle voudra, Libye , Tunisie , Syrie etc...et non pas se morfondre en Dordogne comme elle le craignait tant !
C'est Nicolas qui le lui a dit cet après midi.
Ouf !

Pas de pot, son compagnon, Patrick Ollier qui clamait haut et fort que si elle partait du gouvernement , il en ferait autant et bin... il reste .
Comme quoi...
La Dordogne c'est quand même pas si mal et tout près , il y a la Creuse, ses grands espaces , son silence , ça vaut le désert tunisien pour se ressourcer .
Et au moins , ça fait marcher le commerce local .
Encore une manif près de chez moi !
voyez un peu !
